Comment investir sur les obligations ?

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Les obligations, incontournables pour diversifier son épargne
Les obligations, incontournables pour diversifier son épargne

Vous possédez peut-être sans le savoir des obligations, par le biais de l’épargne salariale, l’assurance-vie ou encore les Fonds communs de placement (FCP) et les Sociétés d’investissement à capital variable (SICAV). Investir sur les obligations est accessible à tous. Le point sur des produits financiers incontournables pour diversifier son épargne.

Qu’est-ce qu’une obligation ?

L’émission d’obligations remonte au XVIIe siècle et suit l’histoire financière des actions en bourse. Portés par le vent d’innovation qui a inspiré à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales la levée de fonds sous forme d’actions, les pouvoirs publics de l’époque ont emprunté cette idée pour récolter de l’argent. En effet, l’Office des eaux avait un besoin urgent de finances pour réaliser des travaux d’assèchement de polders et de réparation de digues. La protection des Pays-Bas contre la montée des eaux était en jeu. C’est ainsi que l’Office des eaux néerlandais a émis une obligation à durée infinie avec un coupon de 2,5%.

Les obligations appartiennent à la catégorie des instruments financiers à revenu fixe (Fixed Income). À l’instar de l’émission d’actions, elles constituent un moyen de financement. Il s’agit précisément d’un instrument de dette qui permet à une institution ou une société commerciale de lever des fonds. Dit plus simplement, une obligation est un prêt émis par des pouvoirs publics ou des entreprises. L’investisseur qui accorde ce prêt par l’achat d’obligations, perçoit en échange une reconnaissance de dette accompagnée du versement d’une indemnité que l’on appelle justement « coupon ».

Ce dernier représente en fait un intérêt fixe pour le prêt octroyé. Le taux d’intérêt d’une obligation est fixé en fonction du taux du marché qui est déterminé par la Banque centrale européenne. Il est versé périodiquement (en général une fois par an). Contrairement à l’achat d’actions, l’entité émettrice d’obligations ne cède pas de parts et n’accorde pas de droits de vote ou encore de dividendes. Lorsque l’obligation arrive à échéance (on dit à maturité), son émetteur doit s’acquitter auprès de l’investisseur du montant de la dette originale que l’on nomme le principal.

Il existe quatre grands types d’obligations en fonction des émetteurs, avec dans l’ordre :

  • Les obligations de sociétés commerciales (obligations privées) ;
  • Les obligations d’État (obligations publiques ou souveraines) ;
  • Les obligations municipales ;
  • Les obligations supranationales (ex. Europe).

Connaître les différents types d’obligations pour investir

En termes de valeur, le marché obligataire surpasse largement le marché des actions. Les gouvernements sont de grands émetteurs de dettes pour financer les dépenses d’État. Les grandes entreprises cotées en bourses et notamment les banques, représentent également des acteurs importants du marché des obligations.

Rien ne vous empêche d’investir dans des obligations de sociétés ou d’État. En fait pour la plupart des obligations classiques, le coupon (paiement de l’intérêt) est fixe. Néanmoins, il existe des obligations à taux variable. Avant d’acheter des obligations donc, il convient de connaître les différents types présents sur le marché, leurs avantages et inconvénients.

Les obligations à rendement fixe, que l’on a déjà évoquées, sont les plus courantes. Le taux réel (ou une estimation) est fixé au moment de l’achat sur le marché primaire. En cas de revente d’une obligation par un investisseur, on passe aux conditions du marché secondaire pour tenir compte de la variation du cours réel.

Diversifier son portefeuille d’investissement

A contrario, il y a les obligations à taux variable (floating rate note). Dans ce cas, les obligations émises ont un coupon variable. Le taux du coupon dépend alors du taux du marché. Ce type d’obligation est à double tranchant. L’augmentation de l’indemnité augmente concomitamment à l’augmentation du marché, et inversement.

Les obligations subordonnées présentent un intérêt généralement plus élevé. Mais avant de vous précipiter sur ce type d’obligation, réfléchissez-y à deux fois. En cas de faillite, vous serez payé après le remboursement de toutes les obligations ordinaires et des autres créances.

Les obligations perpétuelles sont, comme leur nom l’indique, des obligations sans fixation préliminaire d’échéance. Elles n’ont pas de délais d’expiration.

Certaines obligations sont convertibles. Autrement dit, elles peuvent être converties en actions. Ces obligations concernent naturellement les entreprises cotées en bourse. Elles présentent l’avantage d’offrir une compensation au détenteur qui n’est pas remboursé à l’échéance. De ce fait, le rendement est généralement moins élevé.

Avec les obligations à zéro coupon, il n’y a pas d’intérêt. Le rendement pour l’investisseur est déterminé par la différence entre le prix d’achat et la valeur finale.

Enfin, les obligations indexées tiennent compte de l’inflation par l’affectation d’un coefficient multiplicateur au coupon. Ce coefficient est associé au cours annuel de l’inflation. Ce type d’obligation permet de limiter les pertes en cas de forte inflation. Le pendant de cette protection est un rendement inférieur aux obligations à rendement fixe.

Trader sur obligations en mesurant le risque

Pour acheter des obligations, il faut passer par un intermédiaire agréé comme des courtiers en ligne ou des conseillers financiers. Ces derniers proposent des obligations comme les obligations d’entreprises à haut rendement iShares ETF (HYG) ou à notation élevée (LQD), mais aussi les Bond européen à 10 ans (Bond_Euro) et les Bond américain à 10 ans (Bond_US10Y).

Généralement, les obligations sont considérées comme un investissement relativement sûr, mais non exempt de risques. Avant d’investir il est important de s’informer auprès des agences de notation. Les trois plus connues sont :

  • Standard & Poor’s ;
  • Fitch Ratings Inc. ;
  • Moody’s Investor Service.

Ces agences se basent sur différents critères pour attribuer une note. Celle-ci évalue la qualité et la stabilité d’une obligation, permettant aux particuliers et aux professionnels d’investir en connaissance de cause. Par la force des circonstances, les meilleurs investissements concernent les États ayant de bonnes perspectives d’avenir et les grandes entreprises cotées en bourse.

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