La fièvre des cryptomonnaies : entre opportunités et risques

Bitcoin, Etherum, Litecoin ou encore Monero, la fièvre des cryptomonnaies s’est emparée des spéculateurs. On les surnomme même les « crypto-spéculateurs ». Les cryptomonnaies révolutionnent les échanges financiers. Néanmoins, les spécialistes s’inquiètent quant au bon usage de ces monnaies virtuelles en l’absence de cadre réglementaire. Décryptage d’une niche opaque des marchés.

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La folie des cryptomonnaies plus forte que la peur du risque chez les traders

Cryptomonnaies : entre liberté et instabilité

La première cryptomonnaie, le bitcoin, a été inventé par un japonais, Satoshi Nakamoto. Ou du moins, c’est ce qu’Internet raconte, car officiellement l’on ne connaît pas l’identité de celui ou celle qui a inventé la première cryptomonnaie en 1997.

C’est aussi Satoshi Nakamoto qui publie le premier “manifeste” de la cryptomonnaie.

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Avec une volonté d’échapper au système bancaire et de créer un système d’échange de devises sur Internet, les cryptomonnaies ont été conçues dans un idéal libertaire, où chacun pourrait échanger ses monnaies comme bon lui semble, sans taxes ni lois.

Au début des années 2000, juste après l’éclatement de la bulle Internet, l’idéologie séduit les ingénieurs de la Silicon Valley.

Confidentiel et craint des investisseurs, le bitcoin, première émanation de la blockchain, devient rapidement le sujet de conversation de tous les traders.

D’abord vendu à 400 dollars, un bitcoin vaut alors près de 10 000 dollars en 2016. C’est la plénitude chez les spéculateurs de la première heure. On estime même la fortune de Satoshi Nakamoto à près de 19 milliards de dollars.

Mais la chute précipitée du bitcoin, à partir de mi-décembre 2017 sans discontinuer, démontre la fragilité de la cryptomonnaie : en moins d’un an, la valeur d’un bitcoin tombe de 10 000 dollars à 3 300 dollars en décembre 2018. La presse annonce à maintes reprises la mort de la plus célèbre des cryptos. Son cours a depuis passé le seuil des 5000 dollars début avril 2019.

Des devises numériques non régulées

En 2018, le marché des cryptomonnaies représentait un volume de 750 milliards de dollars. Le hic : ce marché est non régulé.

Et, aucun gouvernement pour le moment n’a encore voté un système de réglementation des cryptomonnaies. En juin prochain, le G20 doit se rassembler au Japon pour notamment chercher à mettre en place des normes internationales visant à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme découlant des cryptos. L’objectif étant également d’offrir aux investisseurs un cadre plus transparent pour les protéger contre les arnaques en tout genre qui fleurissent sur le net.

La Chine a pour sa part interdit les échanges de cryptos sur les plateformes internationales de trading en 2017 ainsi que les levées de fonds en cryptomonnaies (Initial coin offerings, appelé aussi ICO).

Aux Etats-Unis et dans les pays européens, de nombreuses mises en garde ont été lancées concernant les risques propres aux investissements dans cette niche de marché sulfureuse, évoluant hors-cadre. En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF), mais aussi la Banque de France ont tiré la sonnette d’alarme contre les marchés des cryptomonnaies et appellent les investisseurs à la plus grande vigilance.

Mais plutôt que d’interdire les cryptos à l’instar de la Chine, les Etats entendent tirer profit du potentiel attractif de ces monnaies virtuelles et craignent de passer à côté d’une avancée majeure dans les échanges commerciaux.

Les interdictions n’auraient pour effet que d’attirer les investisseurs sur le Dark Net, l’Internet parallèle, où les réseaux criminels se retrouvent pour acheter et vendre du matériel illicite – armes, drogues et même trafic d’organes et d’êtres humains – en utilisant les cryptomonnaies, qui sont intraçables ; l’identité de l’acheteur ou du revendeur étant cryptée.

Comme le rappelle The Next Web, près de trois milliards de dollars seraient blanchis chaque année par le biais des cryptos.

Pour acheter ou vendre des cryptomonnaies “propres”, les experts recommandent de bien vérifier leur pays d’origine. Car si l’identité de l’utilisateur est introuvable, le pays d’origine, lui, est communiqué.

Ethereum, Litecoin… De meilleures alternatives ?

Le cours des cryptomonnaies les plus populaires

Ethereum et Litecoin connaissent des fluctuations moins importantes que Bitcoin.

Ethereum, de par son cryptage spécifique, était la cryptomonnaie préférée des investisseurs en France en 2018 pour sa transparence. D’ailleurs en Chine, cette cryptomonnaie est toujours autorisée.

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Le litecoin (LTC) obéit à un protocole très proche du bitcoin, il est moins populaire que ce dernier mais reste très couru par les investisseurs.

Sur environ 1600 devises de cryptomonnaies en circulation en 2019, le bitcoin représente près de 94% des actifs échangés sur le marché. Ce qui en fait un investissement intéressant, à condition d’officier sur une plateforme de trading sécurisée.

D’une manière générale, les experts conseillent aux traders qui souhaitent échanger des cryptomonnaies de se rendre sur des plateformes certifiées KYC/AML – en anglais “Know-Your-Customer and Anti-Money-Laundering”.