La Chine reverrait-elle sa position sur les cryptos ?

À peine encaissée l’onde de choc de l’annonce de Facebook autour de Libra, la Banque centrale chinoise a donné un sérieux boost à son projet de cryptomonnaie. L’objectif : contrer l’effet Libra et ses répercussions, soit la fuite des richesses du pays.

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La Chine, inquiète par Libra de Facebook, cherche à développer sa propre crypto

Le crypto-yuan, une idée du gouvernement chinois

Pour rappel, Pékin s’est exprimé plusieurs fois contre les cryptos. Les institutions financières de la Chine interdisent même depuis septembre 2017 la vente et l’achat du Bitcoin et autres crypto-actifs ainsi que l’utilisation des plateformes d’échanges de devises numériques.

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Deux ans plus tard, Pékin est sur le point d’opérer un revirement. Obsédée par Libra, la cryptomonnaie de Facebook, la Chine entend rivaliser avec le géant américain. La hausse du Bitcoin a aussi ravivé la peur chinoise d’une dévaluation du yuan. Bref, la Chine a pris conscience de l’enjeu économique et stratégique en cours : le risque de perdre le contrôle financier sur son propre territoire.

Avec une fluctuation importante du yuan, la crypto chinoise pourrait permettre à la banque centrale chinoise (People’s Bank of China) de garantir un meilleur taux pour les transactions nationales.

C’est pour toutes ces raisons que pékin a décidé de lancer sa propre crypto, qui devrait être connectée à des comptes d’utilisateurs non-anonymes. Avec ce système, les utilisateurs pourront acheter des tokens depuis leur banque et accéder ainsi directement au crypto-marché.

Une stratégie pour contourner les sanctions américaines

Cette crypto-devise locale pourrait également s’avérer un atout stratégique pour contrer les sanctions économiques mises en place par Washington, qui ont fait perdre près de deux trilliards de dollars aux fortunes chinoises.

Pas de trêve à l’horizon concernant la guerre commerciale américano-chinoise. Dans ce contexte, toute politique monétaire pouvant permettre à la Chine de commercer au niveau international sans avoir à recourir au dollar serait plus que la bienvenue.

Une aubaine pour Facebook au passage ? L’administration américaine, très méfiante envers Libra, n’aurait pas d’autre choix que de donner son feu vert à Mark Zuckerberg…

Le crypto-yuan, modèle d’inspiration pour la Russie ?

Sur les pas de la Chine, la Russie serait elle aussi en train de créer sa propre devise digitale.

Comme le rapportent plusieurs forums et sites spécialisés sur le Bitcoin, le crypto-rouble «ne sera pas miné comme le bitcoin mais sera distribué et tracé par le gouvernement comme une monnaie classique», selon le JDN.

Néanmoins, les experts se demandent comment le Kremlin pourra réguler la cryptomonnaie en circulation en Russie, alors qu’une partie non négligeable des cyber-monnaies sont utilisés par les réseaux criminels.

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Pour rappel, les transactions de cryptomonnaie sont publiques mais les identités des deux parties réalisant la transaction sont intraçables, rendant l’identification des portefeuilles impossible.

Même problème en Chine, où près de 86% des produits de contrefaçon sont manufacturés. La cryptomonnaie “traquée” pourrait ainsi permettre au gouvernement chinois de mieux repérer les réseaux criminels.

Alors que les cryptomonnaies seront bientôt au cœur des enjeux géopolitiques, il y a fort à parier que le crypto-yuan rencontre un succès immédiat dans un pays qui compte près de 800 millions d’internautes – soit plus que n’importe quel pays dans le monde.