Libra : Facebook surfe sur la vague des cryptos

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a fini par sortir du silence. La firme californienne a officialisé le projet de création de sa propre cryptomonnaie, qui verra le jour probablement en 2020. La devise virtuelle, appelée Libra, sera stable et pourrait être indexée sur le dollar ou l'euro. Suscitant un immense emballement médiatique et certaines interrogations dans les milieux financiers, Libra ne laisse pas indifférent…

750
Facebook lancera sa crypto-monnaie Libra en 2020

Le projet Libra dévoilé par Facebook

Surnommée d’abord GlobalCoin, Libra, la monnaie virtuelle de Facebook a été officialisée le 18 juin dernier. Une suprise pour personne tant la presse se perdait en conjectures à son sujet depuis plusieurs semaines ! Tout porte à croire que cette devise – qui doit son nom à l’unité de mesure du poids des pièces en pratique dans l’Empire romain -. verra le jour l’année prochaine.

AL_FR_logos_970x250

Elle permettra d’effectuer, depuis son smartphone, des transferts d’argent à l’autre bout du monde, des paiements de biens et services via une application dédiée (Calibra).

Facebook a annoncé qu’elle serait stable. Afin d’éviter de trop violentes variations de sa valeur comme avec le Bitcoin et les autres cryptos, Libra sera indexée sur le cours d’un panier de devises, sans doute l’euro ou le dollar.

Une chose est sûre, la future crypto connaît une extreme popularité avant même d’exister. Si beaucoup de gens ignorent encore tout de l’Ethereum ou de l’XRP, le nom de Libra est déjà sur toutes les lèvres. Il n’y a guère que le Bitcoin qui pourrait rivaliser avec la monnaie de Facebook.

Libra devrait être indexée sur le dollar ou l'euro

Des explorations dans le secteur de la blockchain

Lors de conférences, Mark Zuckerberg, le patron du réseau social, avait à plusieurs reprises fait allusion au fait qu’aujourd’hui transférer de l’argent ne devait pas être plus compliqué qu’envoyer une photo !

S’il s’est dispensé pendant un temps de réagir publiquement face aux rumeurs médiatiques autour de son projet, il ne faisait pas secret pour autant de son intérêt pour la technologie de la blockchain.

Dès 2018, une équipe a été mise en place, dirigée par David Marcus, un cadre dirigeant du groupe, ex-Pdg de PayPal, pour approfondir les applications possibles de la technologie de la blockchain, sur laquelle reposent le Bitcoin et tous les autres crypto-actifs.

Un rapport indiquait déjà l’an passé que Facebook travaillait sur une cryptomonnaie qui permettrait aux utilisateurs de transférer de l’argent depuis WhatsApp, l’application de messagerie mobile cryptée.

Libra inquiète les autorités financières

Mark Zuckerberg se trouve aujourd’hui à une étape avancée de son projet et cherche l’adoubement des régulateurs financiers. Il aurait approché des responsables du trésor américain et rencontré le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

La presse britannique rapporte aussi qu’il serait en négociations avec des sociétés de Fintech pour concrétiser ses plans, notamment des sociétés spécialisées dans le transfert de fonds comme Western Union, ainsi que des partenaires potentiels du côté des émetteurs de cartes de crédit comme Visa ou Mastercard.

Libra exerce déjà autant de fascination qu’elle soulève d’inquiétudes. La Banque des réglements internationaux (BRI) a, en effet, évalué les risques de l’incursion de ce colosse des GAFAS dans les services financiers, jugeant qu’elle offrait “des compromis nouveaux et complexes entre stabilité financière, concurrence et protection des données”.

Une crise de confiance est-elle possible ?

Les deux millards d’utilisateurs de Facebook feront-ils confiance au réseau social pour confier leurs données financières ? Le scandale de Cambridge Analytica – entreprise accusée d’avoir utilisé à leur insu les données de près de 87 millions d’utilisateurs de Facebook à des fins politiques, notamment pour faire gagner le Brexit au Royaume-Uni et Donald Trump à la présidentielle de 2016 – a laissé des traces. Le problème des fake news a également écorné la réputation de la firme.

al_fr_oil_970x250_v2b

Le comité sénatorial américain du secteur bancaire a adressé une lettre ouverte à Mark Zuckerberg réclamant plus d’informations sur le fonctionnement de sa future monnaie numérique et notamment plus de transparence sur toutes les questions relatives à la protection des utilisateurs et de leurs données financières.

Facebook n’est pas soumis à des réglementations à la manière des institutions financières. Le secteur des cryptomonnaies est lui-même non réglementé pour le moment. Ce problème pourrait-il retarder l’émission de Libra ?

Selon certaines sources, Facebook préparerait déjà les modalités du lancement, proposant notamment des gratifications aux commerçants qui encourageront l’usage de la crypto-monnaie !