Viande sans viande, un business prometteur ?

La pandémie a affecté de nombreux secteurs de l’économie et confirmé aussi de nouveaux business. La surprenante pénurie de steaks aux États-Unis a eu pour résultat des retombées positives pour le marché des viandes alternatives. Beyond Meat s’est même envolé en Bourse. Les investisseurs ne s’y trompent pas : la viande sans viande pourrait valoir 140 milliards de dollars d’ici quelques années.

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Beyond Meat s'envole en Bourse

Série d’accrocs dans l’agroalimentaire

Parmi les secteurs de l’économie mondiale les plus touchés par la crise du Covid-19, on pense naturellement au tourisme, au secteur aérien ou automobile. Moins à l’industrie agroalimentaire qui, dans l’ensemble, avec le confinement général, a su tirer son épingle du jeu. Mais cela n’a pas empêché les difficultés, entre surplus et pénuries.

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La France, par exemple, s’est retrouvée avec un trop plein de fromage, fruits et légumes. En Belgique, le gouvernement a recommandé de manger des frites deux fois par semaine pour écouler les stocks de pomme de terre ! Pour ce qui est du vin, l’Italie et la France devront peut-être se résoudre à transformer une partie des crus en gel hydro-alcoolique.

Aux Etats-Unis, la filière viande a connu des problèmes de production, de transformation et d’approvisionnement. La faute à la fermeture de nombreuses usines – pour cause de contamination du personnel par le virus. Symbole de cette situation inédite, les fast-foods américains, dont la célèbre chaîne Wendy’s, se sont retrouvés en rupture de viande. Un comble au pays du hamburger. Grand fan de fast-food, le président Trump a d’ailleurs imposé par décret le redémarrage des usines du secteur.

Mais la reprise reste complexe. Pénuries et hausse des prix dans les rayons ont eu des répercussions sur les habitudes alimentaires du citoyen américain lambda qui s’est tourné, contre toute attente, vers les steaks végétaux. Les ventes de viande sans viande connaissent aux États-Unis une hausse spectaculaire de 265 % par rapport à 2019.

Carton en Bourse pour Beyond Meat

Une entreprise en particulier, véritable leader du marché des viandes végétales, s’en sort grande gagnante et devient une valeur à suivre à Wall Street. Le titre de Beyond Meat, société américaine cotée au Nasdaq depuis un peu plus d’un an, gagnait 5% début mai dans la foulée de la publication de ses résultats trimestriels.

Les revenus de la société ont bondi de 141% en un an, dépassant toutes les prédictions des analystes. Depuis son IPO, l’entreprise a vu sa capitalisation multipliée par quatre et est aujourd’hui valorisée à hauteur de 9.6 milliards de dollars. « Je suis fier de nos résultats financiers du premier trimestre, qui ont dépassé nos attentes malgré un environnement opérationnel de plus en plus difficile en raison de la crise sanitaire de Covid-19 », s’est félicité le PDG de Beyond Meat, Ethan Brown, dans un communiqué.

La révolution vegan est en marche ?

Face aux conséquences désastreuses de l’élevage intensif, qui sous-tend l’industrie de la viande, de nombreux scientifiques sont à la recherche d’une solution qui réglerait le problème définitivement. Idée fantaisiste il y a seulement une dizaine d’années, la viande de synthèse est aujourd’hui prise au sérieux, notamment par les investisseurs. De nombreuses start-ups se sont attelées à la quête du nouveau graal de l’agroalimentaire. Même Burger King et McDonald’s ne veulent pas être en reste et exploreraient la piste vegan.

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Si le premier steak haché créé in vitro par la société néerlandaise Mosa Meat en 2013 coûtait très cher et présentait un résultat gustatif peu concluant, les dernières innovations du marché semblent très prometteuses. C’est notamment le cas de l’entreprise israélienne Aleph Farms, première au monde à avoir créé de véritables morceaux de viande à partir de cultures cellulaires, offrant les mêmes résultats nutritionnels qu’une entrecôte. Goût, arôme, texture : tout y est et ce, même pour les palais les plus avertis.

Les analystes de Barclays se montrent volontiers optimistes pour ce secteur en plein essor et estiment que dans moins d’une dizaine d’années, en incluant les produits à base de cellules souches, il pourrait valoir 140 milliards de dollars.

Si de nombreuses questions, notamment éthiques, sont encore à trancher, il semble probable que la viande de synthèse fasse partie du futur quotidien d’une humanité cherchant à redéfinir son rapport à la biodiversité.

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