Tesla action : entre chute brutale et correction logique

Rien ne va plus pour Tesla. L’action du constructeur de voitures électriques n’en finit plus de plonger depuis le début de la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus. Pourtant, au début de l’année, l’action se portait bien et campait sur une augmentation d’environ 300% en six mois. Quelles sont les raisons d’une telle chute ? Peut-on encore avoir confiance en l’avenir de la firme californienne ?

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L'action Tesla plonge sur fond d'épidémie

Pourquoi l’action Tesla plonge-t-elle ?

L’action Tesla a clôturé en baisse de 2,91% le 6 mars. Une chute qui fait suite à une série de corrections plus ou moins brutales depuis le 19 février dernier. Il s’agit pourtant d’un titre qui avait atteint des sommets ces derniers mois et dont le cours a quadruplé en moins d’un an, passant d’environ 179 dollars en juin à près de 917 dollars avant ce début de descente aux enfers.

Que se passe-t-il donc du côté de l’entreprise d’Elon Musk ? Plusieurs coupables présumés sont déjà sur le banc des accusés. Le premier d’entre eux est tout trouvé : le coronavirus. Les incertitudes, liées à l’épidémie ont touché tous les secteurs de l’économie, y compris celui des nouvelles technologies. De nombreuses entreprises comme Apple ou Microsoft ont vu leurs cours chuter. Tesla n’y a pas échappé. D’autant plus que Tesla dépend beaucoup de la Chine, épicentre de l’épidémie. La production de ses voitures électriques dépend, en effet, du bon fonctionnement de son usine de Shanghai.

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Autre coupable donc, l’arrêt de l’activité en Chine. Face à la situation et aux mesures drastiques prises par le gouvernement de l’Empire du Milieu, Tesla n’a pas eu d’autres choix que de fermer cette dernière pour quelques jours au mois de février. Conséquence directe : des retards pris dans la livraison de certains modèles à ses clients chinois qui, d’ailleurs, se raréfient.

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Pour preuve, la baisse de 92% de la demande dans le secteur automobile durant la première quinzaine de février. Une crise d’autant plus dommageable pour Tesla que l’entreprise américaine avait promis une croissance agressive en Chine.

L’optimisme de la firme était-il déjà de trop avant l’épidémie ? Le manque d’intérêt pour les voitures, particulièrement électriques, semble dater de quelques mois déjà. Et c’est là sans doute le dernier responsable de cette baisse soudaine. En effet, les ventes de voitures électriques, toutes marques confondues, avaient déjà fortement baissé en Chine avant l’épidémie Covid-19 et notamment celles de Tesla, qui enregistrait une baisse de 46% sur ses ventes entre décembre et janvier !

Une action surévaluée pour certains

En dépit de la baisse actuelle, le titre Tesla reste fortement valorisé, autour des 703 dollars. Un niveau que certains acteurs du secteur automobile jugent totalement surévalué.

Parmi eux, le patron du groupe automobile français PSA (Peugeot-Citroën), Carlos Tavares. Ce dernier n’épargne pas son concurrent, mettant en garde les investisseurs tentés de parier sur Tesla qui prennent un risque non réfléchi et trop important. Pour lui, la survalorisation de Tesla dépend de l’idée que l’entreprise vampiriserait totalement le secteur de l’électrique.

Ce que l’homme fort du groupe français ne croit pas. D’ailleurs l’un des deux fleurons de PSA, Citroën, vient de lancer un pavé dans la mare en lançant la Citroën Ami. Il s’agit d’une voiture micro-citadine électrique sans permis, destinée à séduire le plus grand nombre. Innovante à plus d’un titre, notamment dans son réseau de distribution (on pourra la trouver dans des magasins comme la Fnac ou Darty), elle constitue déjà une bonne raison, parmi d’autres, pour PSA et les constructeurs traditionnels, de penser que non, tout le marché n’ira pas à Musk et son vaisseau amiral…

Des investisseurs qui savent rebondir

Si l’action Tesla est en baisse, certains investisseurs ont su en profiter. N’en déplaise à ceux qui jugent le placement trop risqué.

Qui sont ces « petits malins » ? Tout simplement, les « shorts sellers », ces boursicoteurs qui spéculent sur la baisse du cours boursier. Et ceux, qui avaient décidé de viser Tesla, étaient pour le moins en difficulté depuis plusieurs mois, au vu de l’augmentation de la valeur du titre.

Mais la crise du coronavirus est arrivée. Si elle a créé une panique mondiale, certains, comme lors de toute crise, ont su en tirer les marrons du feu. En effet, ces vendeurs à court terme ont engrangé pas moins d’1,1 milliard de profit en une semaine, du 24 février au 3 mars.

S’il est aujourd’hui difficile de prédire ce qu’il adviendra du titre dans les semaines à venir, on peut envisager que l’instabilité actuelle puisse faire encore quelques heureux sur les marchés. Un paradoxe dans un marché global à l’ambiance plus que morose.

Elon Musk est-il inquiet pour son entreprise ?

Le patron de Tesla a réagi à sa manière à la situation. On connaît son appétence pour les tweets lapidaires, similaires à celle d’un Donald Trump. Son « The coronavirus panic is dumb » (la panique autour du coronavirus est stupide) n’a pas laissé de marbre la twittosphère.

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Retweetée 320 mille fois et likée environ un million et demi de fois, la prise de position du patron de Tesla n’est peut-être pas qu’un mouvement de mauvaise humeur devant les débordements de la crise du coronavirus. Une petite vague d’indignation d’internautes s’est d’ailleurs manifestée, le soupçonnant de réagir à l’aune des pertes brutales subies par ses entreprises en Bourse.

Assiste-t-on à une correction logique ?

Peut-être que l’entrepreneur sud-africain n’a pas fini de pester face à la chute des cours de Tesla. En effet, venant s’ajouter à la crise du coronavirus, les prévisions de certains analystes laissent penser que Tesla subira une forte correction, somme toute logique, dans les mois à venir. Parmi les banques et agences de notation à tirer la sonnette d’alarme, rien de moins que Morgan Stanley.

La célèbre banque américaine place, en effet, la valeur du titre Tesla autour des 500 dollars d’ici un an. Une baisse d’environ 200 dollars à compter d’aujourd’hui. Une estimation liée à la possibilité d’une baisse des parts de marché de Tesla dans le secteur des voitures électriques. Aussi, au-delà d’une chute temporaire, assisterait-on à une correction logique ou en d’autres mots à l’explosion de la bulle Tesla ?