Streaming vidéo en hausse : l’effet pandémie bien-sûr !

« Ma petite entreprise connaît pas la crise »… La chanson d’Alain Bashung pourrait bien être fredonnée par Reed Hastings, le patron et co-fondateur de Netflix. En effet, le numéro un mondial du streaming vidéo bat des records en Bourse. C’est aussi le cas de ses principaux concurrents, Amazon et Disney. Effet confinement ? Bien évidemment ! Mais toutes ces valeurs « stay at home » ne se valent pas.

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Les plateformes de streaming vidéo sont les grandes gagnantes de la pandémie

Le triomphe du streaming vidéo par temps de Covid-19

La pandémie actuelle est un évènement historique aux conséquences multiples. Quatre milliards d’êtres humains appelés à se confiner depuis plus d’un mois ! Si ces derniers étaient déjà de grands consommateurs de vidéos à la demande avant la crise sanitaire, ils le sont encore plus à présent qu’ils ne peuvent plus mettre le nez dehors.

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L’entreprise de Los Gatos est toujours très discrète sur le nombre de ses abonnés mais de l’aveu même de Ted Sarandos, responsable mondial des contenus de la plateforme californienne, “les gens sont en train de regarder beaucoup plus Netflix”. Dans la nuit de mardi à mercredi, le premier site mondial de streaming vidéo a en effet annoncé “la conclusion de deux fois plus d’abonnements que prévu au premier trimestre: 15,8 millions au lieu des 8,2 millions attendus”, précise Le Temps.

Outre le confinement proprement dit, l’arrêt de presque toutes les compétitions sportives et la fermeture des salles de cinéma font le bonheur des fournisseurs de vidéos à la demande que sont Netflix, Amazon Prime et même YouTube.

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Netflix et Amazon, nouveaux rois de Wall Street ?

Une action à près de 429 dollars, une valorisation boursière à environ 190 milliards de dollars : Netflix semble régner sur Wall Street au temps de la pandémie. Symbole de cette nouvelle et probablement temporaire suprématie sur les marchés, la start-up fondée en 1997 a dépassé le géant américain du pétrole, ExxonMobil, en termes de capitalisation boursière.

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Ce dernier est évidemment touché par le choc pétrolier consécutif à la pandémie, comme beaucoup d’entreprises du secteur de l’énergie. Autre valeur résistante à la crise et gagnante du confinement, Amazon. Le numéro un mondial du e-commerce profite de la situation aussi bien au niveau de son activité principale – c’est devenu l’un des seuls magasins ouverts où les gens confinés peuvent faire du shopping -, que de son offre de streaming vidéo via sa plateforme Amazon Prime.

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Si la pandémie a entamé la capitalisation boursière d’une partie des GAFAM, la firme de Jeff Bezos est encore celle qui s’en sort le mieux. Forte notamment de ses 150 millions d’abonnés à Amazon Prime.

Autre valeur phare du marché américain et mondial, Disney se voit également distancer par Netflix, stagnant autour des 187 milliards de capitalisation boursière. L’entreprise de Burbank a même connu un mois de mars catastrophique avec une valorisation au plus bas depuis 2014. Pourtant, la firme aux grandes oreilles n’a pas dit son dernier mot et pourrait tenir le choc de la crise en cours grâce à son dernier né, Disney +.

Disney +, le salut pour Mickey ?

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Disney rejoint donc Netflix, Amazon et quelques autres sur le lucratif secteur de la vidéo en ligne. Une planche de salut à court et moyen terme pour Mickey et ses amis. En effet, l’entreprise symbole de la culture américaine souffre de la crise liée au coronavirus. L’action du géant américain a perdu près de 40% au mois de mars, soit presque 30 millions de dollars par jour. Cause de tout cela ? L’arrêt de l’économie mondiale, du tourisme et bien sûr le confinement. Tout cela fait un mal fou à une entreprise dont les recettes sont encore pour beaucoup issues de la visite de ses parcs à thèmes, de ses croisières, de la vente en magasin et surtout du cinéma.

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La fermeture des salles a obligé Disney à repousser les sorties de ses films prévues de longue date, notamment celles des œuvres du très lucratif Marvel Cinematic Universe. Principal espoir de Disney dans tout ce marasme, sa plateforme de service vidéo à la demande, Disney Plus, lancée en novembre dernier. Disponible dans seulement 14 pays, dont la France depuis le 7 avril, elle a déjà conquis plus de 50 millions d’abonnés payants et permet à Mickey de recommencer à sourire. La valeur de la firme retrouvant des couleurs en avril pour venir au contact de son nouveau concurrent principal, Netflix.

La guerre du streaming vidéo, annoncée depuis des mois voire des années, commence donc à l’aune de la pandémie et du confinement généralisé. Une triste aubaine pour les trois leaders américains du secteur.