Trading d’inflation, trading de guerre ?

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Trading de guerre
Trading de guerre

Tradesources publie une série d’articles sur le trading d’inflation et le trading de guerre. Aujourd’hui, focus sur ce qui malmène l’ensemble des analystes de marché : les développements géopolitiques très difficiles à anticiper en 2022 et en 2023. Au centre de l’attention : l’Ukraine, Taïwan, et l’Iran. 

Économie de guerre ?

L’économie est une science délicate à manier. Mais ce qui déboussole plus encore les analystes de marché, ce sont les actualités géopolitiques très difficiles à anticiper, comme la guerre en Ukraine, et peut-être, celle qui se prépare contre Taïwan.

Un rapport intitulé « Perspectives économiques de l’OCDE » donne ainsi l’impression qu’il y a le monde « d’avant », c’est-à-dire, avant la guerre russo-ukrainienne, et le monde d’après, celui qui pourrait durer. « Avant que la guerre n’éclate, explique le rapport, on anticipait un retour à la normale de la plupart des principales variables macro-économiques mondiales en 2022-23, après la pandémie de COVID-19 ». Les spécialistes soulignent :

« Selon les projections, la croissance mondiale devait renouer en 2023 avec des taux similaires à ceux observés immédiatement avant la pandémie.

On tablait sur un retour au plein emploi dans la plupart des économies de l’OCDE d’ici à 2023, ainsi que sur une convergence de l’inflation vers des niveaux proches des objectifs visés par les autorités, quoique à un horizon plus éloigné et à partir de niveaux plus élevés que ceux précédemment anticipés dans la plupart des pays.

On s’attendait également à une normalisation des politiques macroéconomiques, l’orientation exceptionnellement accommodante de la politique monétaire étant progressivement réduite et les mesures budgétaires d’urgence, adoptées pour faire face à la pandémie, étant démantelées peu à peu ».

En résumé : croissance, plein emploi, et politique monétaire accommodante. Trois notions qui nous étaient encore familières il y a quelque mois. Une éternité… Désormais, la hausse des prix devient l’un des soucis numéro un des ménages dans les pays développés, comme dans les autres.

La chaîne d’approvisionnement, encore et toujours

Elle était la star de l’économie post-Covid. Elle reste au cœur des préoccupations en cas de conflit armé qui se prolongerait en Ukraine, ou qui ferait rage en Asie.

Lorsque la vague de confinement touchait à sa fin, la demande répartissait de plus belle, créant tout une série de congestions à toutes les étapes de production. La chaîne d’approvisionnement était affectée par une offre qui ne suivait pas.

Mais ces soucis étaient sur le point de se résoudre, avant que le conflit en Ukraine ne paralyse un temps l’acheminement de denrées alimentaires comme le blé. Si une guerre venait à éclater entre la Chine et Taïwan, un tremblement de terre serait alors redouté sur les marchés des puces électroniques. Ces dernières sont indispensables pour à peu près tout ce qui régit le quotidien, du téléphone à la voiture. Certains matériaux rares utilisés pour construire les outils à haute valeur ajoutée font aussi l’objet de craintes.

Chaîne alimentaire en Ukraine, chaîne technologique à Taïwan : comme un triste symbole, ces deux conflits (ou conflits potentiels) prennent donc en étau tous les aspects du quotidien. Or, dans l’histoire récente, le célèbre présentateur en bourse Jim Cramer rappelle que la surprise du 11 septembre 2000 et ses répercussions ont failli « faire tomber le marché financier ».

Iran: moins de nucléaire, plus de pétrole et de gaz ?

Une autre inconnue géopolitique à fortes conséquences potentielles est le dossier iranien. Les discussions sur le nucléaire ont repris et la fin de l’année 2022 pourrait être marquée par la (re)signature d’un accord visant à interrompre le programme atomique de la République Islamique, moyennant relâchement des sanctions internationales.

En clair et à retenir pour le trader, d’importantes quantités de pétrole et de gaz iranien pourraient être injectées sur les marchés, dans un contexte ou la diversification des approvisionnements est devenue une priorité pour l’Occident, dans son bras de fer contre la Russie. Quelles conséquences sur les hydrocarbures du rival saoudien, sur la politique de l’Opep, sur les prix, et donc sur l’inflation en général ? L’accord sera-t-il signé, les Iraniens joueront-ils le jeu et renonceront-ils à l’atome militaire ? Finalement, la bombe de la rentrée pourrait ne pas être nucléaire…

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