Elections européennes : Quels sont les enjeux économiques ?

Les élections européennes se tiendront dimanche 26 mai 2019 dans un contexte particulièrement tendu. En France, le scrutin aura un retentissement certain sur le plan économique : prix de l'essence, chômage, retraite etc.

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Les électeurs européens se rendront aux urnes du 23 au 26 mai 2019

L’ombre de l’extrême-droite plane sur le scrutin

Dans les sondages d’intention de vote, l’extrême-droite domine dans la plupart des pays, y compris la France. Avec une politique économique de repli, les partis extrêmes déjà au pouvoir dans certains États- comme la Hongrie ou l’Italie – pourraient bien faire basculer l’Union européenne dans une crise sans précédent.

En Allemagne, on assiste également à une poussée de la droite nationaliste.

Si l’extrême-droite ne passait pas, les partis majoritaires devront faire preuve de cohésion. Entre la taxe carbone, le secteur industriel en pleine récession, la poursuite des réformes engagées par Emmanuel Macron, les enjeux économiques ne manquent pas.

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L’essence, première préoccupation des électeurs

C’est le sujet qui préoccupe le plus les Français depuis le mois de novembre dernier.

Avec des prix à la pompe qui atteignent des records – près de 1,49€ pour le gazole et 1,59€ par litre pour le Sans Plomb 95, la flambée des prix a provoqué la crise des Gilets jaunes.

En France, le prix de l’essence a augmenté de plus de 4% en moins d’un an, alors qu’en Allemagne et en Espagne, les prix sont plus bas – environ 10 centimes de moins par litre. La raison : les taxes françaises qui restent très élevées.

Prix de l'essence en hausse en France

Alors que le mouvements des Gilets jaunes se présente en liste indépendante et propose d’abolir la taxe carbone, le parti d’Emmanuel Macron LaREM propose une taxe carbone “flottante”, qui fluctuera en fonction du prix du cours du pétrole.

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Même si le gouvernement pouvait implémenter cette nouvelle mesure, la situation actuelle entre l’Iran et les Etats-Unis risquerait fort de provoquer une nouvelle flambée des prix. Début mai, les Etats-Unis ont d’ailleurs déployé le porte-avions USS Abraham Lincoln et une force de bombardiers au Moyen-Orient. Du jamais vu depuis la guerre du golfe.

Un rapport qui inquiète

Début février, la Commission européenne a publié son rapport prévisionnel pour l’hiver 2019. Son titre traduit l’instabilité actuelle du continent : “La croissance ralentit dans un contexte d’incertitudes à l’échelle mondiale“.

En mai, la Commission a revu ses chiffres à la baisse. En février déjà, l’institution dévoilait des chiffres inquiétants.

Le taux de croissance du produit intérieur brut est en net recul à 1,9% pour 2018 contre 2,4% en 2017.

Les prévisions de croissance du PIB de l’UE étaient revues à la baisse, à 1,5 % pour 2019 et 1,7 % pour 2020.

Pour la zone euro, les pronostics sont plus moroses avec une prévision de croissance du PIB de 1,3 % en 2019 et de 1,6 % en 2020.

Trois mois plus tard, la Commission a publié de nouveaux chiffres : “Globalement, le PIB devrait augmenter de 1,4 % dans l’UE cette année et de 1,2 % dans la zone euro.”, une croissance donc encore plus soutenue que ce qui avait été envisagé en début d’année.

Pourtant, le rapport se veut rassurant et table sur des “facteurs nationaux défavorables (qui) devraient s’estomper”, en créant un rebond de l’activité économique hors union.

La Commission mise sur une belle année 2020, avec une croissance du PIB à 1,6 % dans l’Union européenne et 1,5 % dans la zone euro.

Seule ombre au tableau: un taux de chômage élevé dix ans après la crise et qui pourrait, si l’on en croit les sondages, aider les extrêmes aux élections.

Le problème du chômage 

Bien que la Commission se vante d’un taux de chômage tombé à 6,4% en mars 2019, son niveau le plus bas depuis 19 ans, ce chiffre reste peu représentatif des situations locales.

L’office européen des statistiques a analysé les données de 280 régions dans l’Union. Alors que certains pays comptent près de 1% de chômage comme la Norvège par exemple, l’Espagne recense par contre près de 35% de sans-emplois dans certains départements.

Et ce n’est pas tout : à y regarder de plus près, on voit une fracture entre pays du Nord prospères (Allemagne, Benelux, Norvège, Royaume-Uni) et pays du Sud (France, Espagne, Italie, pays des Balkans et Grèce).

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Ce sont d’ailleurs dans ces derniers que les extrêmes ont le plus avancé ces dernières années : le parti de l’Aube Dorée en Grèce s’occupe de distribuer des repas aux familles démunies, tout en faisant campagne.

Matteo Salvini en Italie a prononcé un discours depuis un balcon rendu célèbre par Mussolini…

En France, le chômage semble également profiter au Rassemblement national de Marine Le Pen – les sondages lui prédisent même une victoire.