Municipales 2020 : la relance verte est en route

Le second tour des élections municipales en France n’a pas mobilisé, avec une abstention record de 60%. A la crise sanitaire viendrait s’ajouter une crise démocratique ? Il semble que les Français soient en quête de renouveau. La crise de confiance a profité aux écologistes qui l’emportent dans de nombreuses villes. Une victoire verte qui devrait accélérer le processus de conversion écologique de la France.

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La France emportée par la vague verte

En marche vers une France plus écologiste ?

Au lendemain de la victoire des Verts dans plusieurs grandes villes de France, comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg ou Marseille, la transition écologique redevient plus que jamais au centre des débats. La victoire d’Anne Hidalgo à Paris, qui a fait de la lutte anti-pollution un point fort de sa campagne, s’inscrit également comme une victoire verte.

La crise du coronavirus a plongé la France dans une spirale récessive et le parti d’Emmanuel Macron en a essuyé les revers lors du second tour des municipales, premier vote post-covid.

La poussée « verte » historique met en lumière l’attente écologiste des électeurs dans un contexte marqué par la crise sanitaire. Devant cette réalité, le chef de l’Etat a tenté de trouver une réponse forte en recevant à l’Elysée, lundi 29 juin, les 150 membres de la Convention citoyenne pour aborder notamment toutes les questions liées à la lutte contre le réchauffement climatique. Une rencontre prévue de longue date tombant à point.

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Les Verts ne rallieront pas le gouvernement Macron

« Il y a une grande aspiration à changer, à organiser un monde différent », a confié l’eurodéputé Yannick Jadot à Ouest France. Les Verts regardent désormais vers le scrutin présidentiel de 2022 : « C’est une recomposition du paysage politique autour de l’écologie, que nous appelions de nos vœux ».

Les chefs d’Europe Ecologie-Les Verts ont indiqué ne pas souhaiter rejoindre le gouvernement si un remaniement ministériel se profilait. « La question n’est pas d’avoir des ministres verts, puisque l’on sait que ce ne sont pas eux qui décident. La vraie question est : quel est le projet politique ? Or, depuis trois ans, le président de la République parle beaucoup d’écologie, mais agit très peu », a déclaré Yannick Jadot à Ouest France.

Pour rappel, la première partie du mandat d’Emmanuel Macron avait été entachée par la démission en 2018 du ministre Nicolas Hulot, figure emblématique du mouvement pour l’environnement, qui avait tenu à marquer son désaccord avec la politique du gouvernement, pas assez engagée dans le projet de transition écologique.

Comment les milieux économiques ont-ils accueilli la vague verte ?

« L’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie, elle est sa meilleure alliée ». Cette phrase de Grégory Doucet, maire écologiste nouvellement élu de Lyon, a tout l’air d’une déclaration à destination des chefs d’entreprise, qui pourraient se montrer inquiets, voire déstabilisés par cette vague verte.

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Les projets soutenus par les Verts auront un impact sur l’économie et la vie quotidienne des Français. Ils portent autant sur la réduction de la place de la voiture, l’agroalimentaire, la rénovation thermique globale et obligatoire des bâtiments que l’interdiction des OGM etc.

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Ecologie et économie sont-elles à ce point antinomique ou sont-elles conciliables ? Le président Macron sait qu’il devra réorienter l’économie non seulement pour sortir la France de la crise du coronavirus, mais dans une perspective de réévaluation de nombreux projets industriels.

En rebattant les cartes de nos modes de vie, le Covid-19 a laissé entrevoir la nécessité d’une transition écologique. Le ministre des Finances Bruno Le Maire n’a pas hésité à parler de « décarbonation de l’économie française ». Automobile, aérien…Tous les secteurs concernés par les plans de relance annoncés par le gouvernement sont d’ailleurs tenus à des engagements allant dans le sens d’une « relance verte ».

Malgré les difficultés de nombreuses entreprises sont prêtes à se plier davantage aux exigences environnementales. De plus en plus de start-ups de demain sont elles aussi alignées sur les préoccupations de la finance verte, à savoir rallier les deux priorités : environnement et compétitivité.