Tout savoir sur le « tapering » de la FED

En 2021, on a beaucoup parlé d’un "tapering" de la FED, la banque centrale américaine. Qu’est-ce que le tapering, et quels sont ses impacts sur les marchés financiers ?

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Tout savoir sur le « tapering » de la FED

En 2021, on a beaucoup parlé d’un “tapering” de la FED, la banque centrale américaine. Qu’est-ce que le tapering, et quels sont ses impacts sur les marchés financiers ?

La FED ne se balade jamais sans son outil préféré : le taux directeur

Le principal instrument de la FED est le taux directeur, c’est-à-dire le taux d’intérêt associé aux prêts qu’elle fait aux banques commerciales. En augmentant ou en abaissant son taux directeur, la FED a le pouvoir de faire varier les taux d’intérêt des banques commerciales, et donc le nombre d’emprunts réalisés par les particuliers et les entreprises. Cela a un impact direct sur l’économie, puisque l’argent emprunté est utilisé pour consommer ou investir, et donc relancer l’activité des entreprises. Par ailleurs, la forte demande des consommateurs entraine une hausse des prix, c’est-à-dire l’inflation.

Avant 2008, le taux directeur était un outil suffisant pour contrôler l’inflation et le chômage. Mais en 2008, une crise économique mondiale, d’une ampleur sans précédent, a obligé la FED à créer de nouveaux outils, appelés outils non conventionnels, car réservés aux périodes de crise.

 

La crise de 2008 et la création d’outils non conventionnels

En 2008, une grande banque américaine, Lehman Brothers, a fait faillite. Or, les banques se prêtent de l’argent entre elles sur le marché interbancaire. La faillite de Lehman Brothers a donc suscité des craintes chez les banques qui lui avaient fait crédit, et par réaction en chaîne, chez les banques ayant prêté de l’argent à ces dernières.

Un climat de méfiance s’est alors installé sur le marché interbancaire, mettant un point d’arrêt aux transactions entre elles. De plus, les investisseurs sont devenus frileux, et ont augmenté leurs taux d’intérêt, afin de compenser le risque de non-remboursement. Par conséquent, il est devenu difficile pour les ménages et les entreprises d’obtenir des fonds. La consommation et les investissements ont chuté, entrainant une déflation (baisse durable des prix), une récession économique et un fort taux de chômage.

Pour lutter contre cette crise économique, et éviter la faillite d’autres banques, la FED a tout d’abord abaissé son taux directeur, jusqu’à le rendre presque nul. Mais cet effort n’a pas suffi à relancer l’inflation. C’est pour cette raison que la réserve fédérale a créé de nouveaux instruments, parmi lesquels le forward guidance, ou guidage prospectif, qui consiste à donner des indications sur le futur taux directeur, et le quantitative easing, ou assouplissement quantitatif.

Qu’est-ce que le quantitative easing ?

Pour financer leurs dépenses, les États font des emprunts à des banques ou à des investisseurs sous forme d’obligations. Ils doivent alors payer des intérêts mensuels, et rembourser la somme totale lorsque le prêt arrive à échéance. Le prêteur a en sa possession un titre de dettes (obligation), qui est la preuve de ce que l’État lui doit.

Le quantitative easing est une politique des banques centrales, qui consiste à racheter massivement et tous les mois des titres de dettes aux banques commerciales, à des prix très intéressants. C’est une manière pour les banques centrales d’injecter de l’argent en grande quantité dans les banques, et donc sur le marché.

Par ailleurs, l’achat massif d’obligations par la banque centrale fait augmenter la demande et donc le prix des obligations. Il devient alors moins rentable d’investir dans une obligation, ce qui réoriente les investisseurs vers les actions, et contribue à relancer les entreprises.

Lorsque les banques centrales sont dans une démarche d’assouplissement quantitatif, elles garantissent de maintenir un taux directeur bas et de fournir des liquidités aux banques à long terme. Le marché financier reprend alors confiance, les échanges interbancaires et donc les crédits aux clients reprennent, les investisseurs baissent leurs taux d’intérêt, et l’économie repart. Le taux d’inflation augmente et le chômage diminue.

Une mesure avec date de péremption… 

Si le quantitative easing est un outil puissant pour sortir d’une crise économique, il ne peut pas pour autant durer éternellement. Une politique monétaire trop souple entrainerait un risque d’inflation élevée, qui affecterait le pouvoir d’achat des consommateurs et dévaluerait la monnaie. Ainsi, lorsque l’économie va mieux, il est temps pour la banque centrale de diminuer sa politique d’assouplissement en réduisant progressivement ses achats d’obligations. C’est ce qu’on appelle le tapering, de l’anglais « to taper » qui signifie « aller en diminuant ». Tout l’enjeu du tapering réside dans le fait de diminuer l’aide des banques centrales, sans ralentir la croissance économique acquise.

Le tapering de la crise du COVID-19

Face au succès de la politique d’assouplissement menée lors de la crise de 2008, les banques centrales n’ont pas hésité à la remettre en place lors de la pandémie de COVID-19. La pandémie et ses confinements ont en effet complètement paralysé l’économie mondiale. La FED a alors réduit ses taux directeurs et acheté 120 milliards de dollars d’obligations tous les mois.

En novembre 2021, la réserve fédérale a annoncé avoir atteint ses objectifs en termes d’emploi maximal et de stabilité des prix, et le tapering a commencé. Les achats de titres de dettes ont diminué de 15 milliards de dollars tous les mois. En revanche, la FED a décidé de maintenir des taux directeurs bas durant la phase de tapering.

Quels sont les enjeux du tapering sur les cours de la Bourse ?

La période d’assouplissement de la politique monétaire est profitable aux marchés financiers. Le coût de l’emprunt est au plus bas, les investissements sont moins risqués. La perspective de la réduction de ces aides est donc perçue avec appréhension et la crainte d’un ralentissement de l’économie peut faire baisser la valeur des actions.

À l’inverse, en diminuant son achat de titres de dettes, la FED réduit la demande en obligations et donc le prix de celles-ci. Elles deviennent donc plus rentables pour les investisseurs.

Le tapering affecte donc directement la valeur des différents actifs. Tout l’enjeu pour la FED est donc que cela n’affecte pas la reprise économique engagée.

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