BNP, une banque qui confirme son excellente santé

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Le groupe bancaire BNP-Paribas clôt une année 2021 exceptionnelle en affichant des résultats annuels parmi les plus importants de son histoire. Consolidant ainsi sa bonne santé, le géant bancaire français peut se prévaloir d’avoir normalisé l’environnement économique suite à la crise sanitaire. Le dynamisme de sa banque de détail et de ses activités de financement et d’investissement, explique en grande partie ces résultats records.

Les réultats de la BNP en quelques chiffres

En ce qui concerne les résultats publiés par BNP-Paribas pour l’année 2021, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Un bénéfice net de 9,488 milliards d’euros, soit :
  • +34,3 % par rapport à 2020
  • +16,1 % par rapport à 2019
  • Un produit net bancaire (PNB) (équivalent du chiffre d’affaires dans le secteur) de 46,2 milliards d’euros, soit :
    • +4,4 % par rapport à 2020
    • +3,7 % par rapport à 2019

Une performance d’autant plus remarquable que le groupe a reçu un coup dur en 2014, de taille à compromettre son avenir. Cette année-là, les États-Unis ont imposé une lourde amende de 9 milliards de dollars à la BNP pour avoir effectué des opérations financières avec des pays sous embargo, comme le Soudan, l’Iran et Cuba. Cette sanction historique, la deuxième plus élevée infligée par les États-Unis, correspondait à l’argent gagné par la BNP la même année. La banque a finalement su se remettre de ce coup qui aurait pu lui être fatal.

Des activités en forte croissance pour BNP

La banque de financement et d’investissement (BFI ou CIB en anglais pour Corporate and Investment Banking) joue un rôle moteur dans les gains de parts de marché. Elle a doublé son résultat trimestriel à 1,35 milliard d’euros. Les activités de marché (Global Markets) ont augmenté de 53 %, bénéficiant, selon la banque, d’« une très forte demande de la clientèle sur les marchés de taux, de change et de dérivés sur matières premières ». Concernant l’activité de conseil aux entreprises (Global Banking), on observe un ralentissement à 0,8 %, à changes et périmètre constants, sachant que l’environnement de marché est moins porteur.

La banque de détail (Commercial, personal Banking & Services) a également généré des revenus en hausse de 8,1 % à changes et périmètre constants au premier trimestre. Plusieurs raisons peuvent être avancées, comme :

  • Une forte croissance de l’activité des banques commerciales et des métiers spécialisés (crédit à la consommation, location de véhicules professionnels – Arval, etc.) ;
  • Une hausse de 4,8 % des encours de crédit ;
  • Une hausse de 8,2 % des dépôts.

L’activité Domestic markets (DM) en particulier, a vu son produit net bancaire augmenté de 5,2 %. Cela inclut la banque de détail en France et dans la zone euro (Italie, Belgique et Luxembourg). Le poids de la filiale de leasing automobile Arval pèse sur cette progression.

En revanche, l’indicateur de solvabilité du groupe, est en retrait. Il s’agit du ratio de fonds propres CET1, qui a reculé de 12,4 % fin mars. Les changements réglementaires, la hausse des encours et la volatilité des marchés provoquée par le conflit en Ukraine, expliquent cette baisse.

De même, l’activité des métiers d’investissement et de services de protection (assurance, collecte et gestion d’actifs) a baissé de 0,2 %, compte tenu d’un « contexte défavorable sur les marchés ce trimestre », selon le communiqué de presse publié le 3 mai 2022.

Quelques mots sur Jean-Laurent Bonnafé, le patron de BNP-Paribas

Pour finir, parlons de l’homme qui a contribué au succès de la BNP, Jean-Laurent Bonnafé. En 2018, le magazine Challenges, l’a classé 5e patron du CAC 40 le plus performant. Discret, il a la réputation d’être « incroyablement efficace », selon Bruno Durieux, ancien ministre du Commerce extérieur, dont il a été un des conseillers techniques.

Il entre à la BNP en 1993, et prend la direction des grandes entreprises. C’est lui qui a piloté la fusion avec Paribas en 2000 puis dirigé la banque de détail en 2002. Six ans plus tard, en 2008, il accède à la fonction de Directeur général délégué de BNP Paribas. Il a également été le président de la Fédération bancaire française (en 2014 et 2018).

La fonction de Président de l’association française des Entreprises pour l’Environnement, qu’il vient de quitter (31/05/2022), démontre toute l’importance que revêtent les préoccupations écologiques à ses yeux. C’est ainsi que le plan stratégique GTS 2025 de la BNP (Growth, technology & Sustainability  – Croissance, technologie et finance durable 2025), lancé en février 2022, accorde la part belle à la finance durable.

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Chercheur et rédacteur spécialisé en finance de marché. Heureux Papa de deux enfants, Sébastien Allois contribue à diverses publications économiques, en français et en anglais. Ses thèmes de prédilection recoupent le Forex et les fonds indiciels.