Le film Wall Street et les clichés sur la finance au cinéma

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Le film Wall Street et les clichés sur la finance au cinéma

Action, risque, adrénaline, rebondissements…le dernier Fast and Furious ? Pas du tout, il s’agit bien de la bourse ! Le monde de la finance regroupe en effet tous les ingrédients d’un succès au box-office. Pas étonnant alors, de voir fleurir les films sur Wall Street. Ce lieu qui fascine autant qu’il scandalise est l’objet de nombreux fantasmes hollywoodiens, véhiculant des représentations parfois bien éloignées de la réalité. Tour d’horizon des clichés sur Wall Street et la finance…

Wall Street ? Plus qu’une rue, un symbole projeté sur grand écran

Avez-vous déjà croisé un taureau agressif dans la rue ? Pire encore, oseriez-vous le toucher en pleine charge ? Si cette folie vous tente, il faut vous rendre dans Wall Street, un quartier hors du commun, hôte du fameux « charging bull ». Ce taureau de bronze de 5 mètres de long, illustre l’agressivité et la force des marchés financiers. Maintenant que vous lui faite face, un pas de côté, contournez-le… vous ne voyez rien ? Les parties intimes de ce taureau sont « parfaitement lustrées »…la légende veut que les toucher apporte la prospérité financière…

Située dans Manhattan, Wall Street est en tout cas un concentré de très grandes puissances financières, notamment le New-York Stock Exchange (la Bourse de New York), et les sièges des plus grandes banques américaines. Aujourd’hui, le terme Wall Street désigne généralement la Bourse en elle-même, ou le quartier financier de New York.

Trois films à succès sur Wall Street

La plupart des films sur Wall Street ont une constante, ils dépeignent la finance dans ce qu’elle a de plus noir. Leurs personnages principaux, généralement masculins, ont peu de principes et sont prêts à tout pour s’enrichir, y compris aux dépens des autres. Les trois films suivants ne font pas exception. Commençons par le plus ancien, modestement nommé « Wall Street ».

Réalisé par Oliver Stone, Wall Street présente dans son casting deux très grandes stars américaines : Michael Douglas et Charlie Sheen. Sorti en 1987, le film s’inspire d’un krach boursier survenu en octobre de la même année. Il raconte le parcours de Bud Fox, un jeune courtier qui travaille dans une banque d’affaires de Wall Street, et qui, par avidité du pouvoir et d’argent, tombe dans des pratiques illégales d’espionnage industriel. (3)

Si Wall Street s’inspire de faits réels, le film « Le loup de Wall Street », réalisé par Martin Scorsese, et sorti en 2013, raconte l’ascension et la chute d’un célèbre et véritable escroc, Jordan Belfort. Interprété par le non moins célèbre Léonardo DiCaprio, ce courtier d’origine modeste est devenu riche grâce à son grand charisme, ses discours de vente bien rodés, et son absence de scrupules.  Un film qui montre un Wall Street théâtre d’excès en tout genre (drogue, prostitution, corruption…) et où l’argent coule à flots. (4)

Enfin, le film « The big short », réalisé par Adam McKay, et sorti en 2015, s’intéresse à la crise des subprimes, survenue en 2008. À l’écran se retrouvent Brad Pitt, Ryan Gosling, Christian Bale ou encore Steve Carell. Ce film s’intéresse à des financiers ayant anticipé la crise, et parié à la baisse sur des titres financiers, pour s’enrichir le moment venu.

Les clichés véhiculés par le film Wall Street et les autres

Comme vu dans les exemples précédents, le cinéma sur Wall Street s’intéresse principalement à des personnages avides, dépourvus de sens moral, et prêts à tout pour obtenir pouvoir et argent. Des scénarios, certes inspirés de faits réels, mais dont l’omniprésence tend à laisser penser qu’ils sont des généralités, et que la Bourse n’est que dérive, corruption et opulence. Par ailleurs, ces représentations contribuent au mythe que la bourse est synonyme d’enrichissement, enrichissement facile qui plus est.

D’autres clichés, plus discrets, sont présents dans la plupart de ces blockbusters. De nombreux détails indiquent une grande distance sociale et cognitive entre le monde de la finance, et le commun des mortels. C’est le cas, par exemple, dans The big short, où l’on voit des financiers à l’air inquiet se hâter, tandis que des touristes, inconscients des enjeux boursiers, flânent paisiblement. Mais Wall Street est aussi montré comme inaccessible physiquement. Dans certains films, il suffit par exemple de rompre le contact téléphonique avec un client pour ne plus y avoir affaire.

Les risques des clichés au cinéma

S’inspirer de faits réels dans une œuvre n’est jamais anodin. Saviez-vous qu’une plainte avait été déposée contre Leonardo DiCaprio pour diffamation dans « Le loup de Wall Street » ? En effet, le plaignant, Andrew Greene, qui s’est reconnu dans le personnage du conseiller juridique de Jordan Belfort, estime avoir été représenté, à tort, comme un criminel dépourvu de toute morale.

Alors, mythe ou réalité ? Quoi qu’il en soit, Wall Street n’a pas fini de faire parler !

 

 

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Chercheur et rédacteur spécialisé en finance de marché. Heureux Papa de deux enfants, Sébastien Allois contribue à diverses publications économiques, en français et en anglais. Ses thèmes de prédilection recoupent le Forex et les fonds indiciels.