La Russie, nouvel eldorado high-tech ?

La fulgurante expansion de Yandex, surnommé « le Google russe », a fait des émules en Russie. Le pays entend trouver son créneau et donner un véritable élan à son économie digitale. Les projets de start-ups ne manquent pas mais la Russie souffre encore de la méfiance des marchés européens.

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Les start-ups russes séduisent les investisseurs étrangers

Depuis quelques années, les start-ups russes attirent de plus en plus les investisseurs étrangers. « Du moteur de recherche Yandex à l’e-commerçant Ozon, en passant par la plate-forme d’achats Avita, le marché de l’emploi est riche. Onze entreprises russes développent des voitures du futur sans chauffeur », analyse Dmitrï Peskov, le conseiller du Kremlin pour l’économie digitale dans Les Echos.

Avec une pénétration d’internet à 75% sur la population totale et constamment à la hausse dans les zones rurales, une utilisation massive des smartphones, les achats en ligne se développent. Près de 80% des achats en ligne en Russie sont effectués aujourd’hui depuis un téléphone portable.

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Une aubaine que certains géants occidentaux sont décidés à saisir. Cette année, Uber a fusionné avec Yandex. Gabriel Naouri, l’ancien directeur adjoint des opérations internationales du groupe Casino, a même été débauché par le géant russe pour lancer la plateforme d’e-commerce Beru (« je prends » en russe).

La banque d’Etat Sberbank est entrée, cet été, au capital de Yandex pour 400 millions d’euros. L’objectif : devenir l’ « Amazon russe » d’ici à la fin 2021.

Les Etats-Unis, grands investisseurs de Yandex

Le géant de l’internet russe Yandex diversifie ses activités de servicesYandex a été lancé un an avant Google, en 1997. Tout comme le géant de la Silicon Valley, le « Gafa russe » a développé de nombreuses innovations et applications, comme la voiture autonome ou encore un GPS utilisé aujourd’hui par la majorité des Russes. Géant de l’internet, il se diversifie avec succès dans d’autres domaines tels que le taxi en ligne, les services de vidéo en ligne ou l’e-commerce.

L’entreprise russe, cotée au Nasdaq depuis 2011, fait la fierté du pays. “Notre gouvernement est fier du succès d’une société qui parvient à rivaliser avec des géants comme Google… avec quelques coups de main de notre part, il faut l’avouer.”, confiait, sur le ton de la boutade à peine dissimulée, le président russe Vladimir Poutine le mois dernier.

De l’avis des experts, les Etats-Unis sont pourtant liées de près à la fulgurante ascension de la société. “Les investisseurs institutionnels américains détiennent la majorité du capital”, rappelait Gabriel Nouari dans L’Express.

Le volte-face du Kremlin

Visiblement résigné à aider les entreprises à succès susceptibles de se développer à l’internationale, le Kremlin est revenu sur sa décision protectionniste de limiter les investissements étrangers à 20% dans le capital des start-ups.

Cette première annonce avait fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers, provoquant la panique des investisseurs étrangers. L’action Yandex avait aussitôt dégringolé à la bourse de New York et à la bourse de Moscou.

Certains veulent voir dans cette marche arrière du gouvernement une volonté de « sortir l’économie de sa dépendance au pétrole ».

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La Russie cherche son nouveau créneau commercial. L’exemple de Yandex a ouvert une brèche et la Russie se verrait bien en puissance tech exportatrice. Avec ses ingénieurs, ses hubs d’innovation, le pays ne manque ni d’idées ni d’imagination.

Début novembre un sommet high tech a même été organisé à Saint-Pétersbourg où sociétés reconnues, start-ups et agences de soutien étatique se sont retrouvées pour entériner une nouvelle ère de l’économie russe.

Le prochain combat sera certainement celui de l’image, la Russie étant encore trop associée avec la notion de risques pour les entrepreneurs. Les banques européennes montrent des réticences à faire affaire avec des sociétés russes. Un défi à relever mais la Russie high-tech n’a pas fini de faire parler d’elle.