La guerre des voitures électriques aura-t-elle lieu ?

L’industrie des véhicules électriques est en plein essor. Portées par les nouvelles politiques écolo-urbaines et la fin prévue à horizon 2030/2040 des moteurs à énergie fossile, les ventes explosent. Et les investisseurs s’intéressent de près au secteur. Si Tesla semble en être aujourd’hui le fleuron, les constructeurs traditionnels, mais aussi de nouveaux acteurs plus modestes se voyant en nouvelles pépites, se lancent dans la course.

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Le secteur des voitures électriques est en plein boum

Une concurrence accrue

Alors que le monde s’apprête à dire adieu à l’énergie fossile d’ici moins d’une décennie, à en croire les nouvelles politiques écologiques, le secteur des voitures électriques est en plein boum. A l’approche de 2030, il pourrait compter jusqu’à 230 millions de véhicules en circulation. On en décomptait seulement 10 millions fin 2020. Le marché mondial, lui, pourrait générer à peu près 800 milliards de dollars d’ici 2027.

Cette croissance des voitures électriques représente une opportunité d’investissement plutôt intéressante dans les années à venir.

D’autant plus que tout le monde semble vouloir s’y mettre. Sur les vingt premiers constructeurs automobiles, dix-huit cherchent à augmenter leur production de véhicules électriques. C’est toute l’industrie automobile qui s’y met.

Tesla, toujours leader

Tesla, l’entreprise d’Elon Musk, est toujours le leader du secteur des voitures électriques. Fort de ses presque 500 000 véhicules livrés l’an dernier, Tesla mène la danse. Pionnière du domaine, elle a été l’une des premières entreprises à produire des véhicules électriques à grande échelle. Et elle détient une grande part du marché aujourd’hui. De plus, la société semble technologiquement en avance sur ses concurrents les plus sérieux, notamment en ce qui concerne les batteries.

Enfin, le marché chinois, plus grand au monde en ce qui concerne les voitures électriques, est celui où Tesla vend le plus. Et la croissance devrait être au rendez-vous à l’avenir avec des prévisions de ventes de voitures électriques toujours plus hautes en Chine.

Les constructeurs traditionnels se lancent

Mais il ne faut pas enterrer trop vite les constructeurs automobiles phares. Que ce soit Volkswagen, Porsche, General Motors, Ford, Renault ou encore Stellantis (Peugeot / Fiat-Chrysler), tous se lancent dans l’électrique.

Ainsi, l’allemand Volkswagen envisage de vendre 70% de voitures électriques en Europe à l’horizon 2030. Porsche, marque de luxe du groupe, a lancé une berline électrique et envisage de se lancer dans la fabrication de batteries. Volvo, le constructeur suédois, entend se positionner sur le secteur en commençant par le haut de gamme. Et de basculer dans le tout électrique d’ici dix ans. Mercedes a, récemment, dévoilé une version électrique de sa fameuse Classe S, l’EQS.

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Outre-Atlantique, General Motors voit les choses en grand. D’ici 2025, le groupe compte dépenser près de 30 milliards de dollars pour le pôle électrique. Il prévoit de lancer trente modèles dans le monde entier. De son coté, le groupe américain Ford espère disposer d’une offre 100% électrique d’ici 2030. La version électrique de sa Mustang, la Mustang Mach-e, se vend d’ailleurs plutôt bien.

Côté français, Renault n’est pas en reste. Avec sa Zoe, la marque au losange fait partie des pionniers de l’électrique hexagonal. La réédition en version électrique de la célèbre Renault 5 fait déjà frémir d’envie. Et l’entreprise devrait bientôt ouvrir une nouvelle méga-usine de batteries à Douai. Peugeot et Citroën, nouvellement alliés à Fiat-Chrysler au sein du géant Stellantis, vont aussi progressivement passer à l’électrique. Les modèles de citadines électriques Peugeot comme la e-208 se vendent déjà assez bien.

Du côté de la marque au Chevron, c’est la micro-citadine sans permis, Citroën Ami, sortie l’an dernier, qui a fait sensation. Avec 4000 exemplaires commandés, ce quadricycle à moteur bridé à 45 km/h semble avoir trouvé son public. Il permet aux foyers les plus modestes comme aux gens n’ayant pas de permis de passer à l’électrique.

De nouvelles pépites à l’assaut de Tesla

Devenir le nouveau Tesla. Voici l’obsession de bon nombre de nouvelles start-ups du secteur. Avec plus ou moins de réussite et, il faut le dire, plus ou moins de soutien.

La principale concurrence vient de Chine. NIO, surnommé parfois le “Tesla chinois”, développe des voitures électriques haut de gamme. Si l’entreprise chinoise vend moins que sa consœur californienne, son potentiel de croissance semble très important. Toujours en Chine, on peut citer des noms comme XPeng ou Li Auto parmi les nouveaux arrivants du marché des voitures électriques.

Aux Etats-Unis, l’ambition n’est pas moins grande et même les petites pousses envisagent rapidement une introduction en Bourse via des SPAC. On peut, par exemple, citer Lordstown Motors ou encore Nikola, une start-up qui joue à fond l’opposition avec Tesla vu le choix de son nom. Certaines de ses start-ups, qui s’élancent en Bourse sans avoir jamais vendu de voitures, jouent à un jeu dangereux et pourraient ne pas s’en relever. Ce n’est peut-être pas le cas de Rivian. Cette dernière, qui entend se spécialiser dans le pick-up et le SUV électrique, peut se targuer du soutien de Ford mais surtout d’Amazon, l’entreprise de Jeff Bezos. Déjà valorisée à hauteur de 50 milliards de dollars, l’entreprise prépare son introduction en Bourse d’ici à 2022. Lorsque l’on connaît la saine rivalité qui oppose deux des hommes les plus riches du monde, Jeff Bezos et Elon Musk, on ne peut qu’imaginer une future rivalité intense entre Tesla et Rivian.

Quoi qu’il en soit, la guerre des voitures électriques ne semble que commencer. Et si les start-ups dans la veine de Tesla sont remplies d’espoir, les bons vieux constructeurs automobiles n’ont pas dit leur dernier mot…