Journée de la Terre : le point sur la finance verte en 2022

Journée de la Terre : le secteur de la finance a le pouvoir d’investir dans des projets plus ou moins respectueux de l’environnement.

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Le point sur la finance verte à l'occasion de la Journée de la Terre

Journée de la Terre : le secteur de la finance a le pouvoir d’investir dans des projets plus ou moins respectueux de l’environnement.

Depuis 1970, le 22 avril est une date consacrée à l’environnement, puisqu’il s’agit de la Journée internationale de la Terre. L’occasion pour chacun de se rappeler son rôle à jouer dans sa préservation, notamment après la parution du sixième rapport du GIEC ce 4 avril, selon qui l’humanité dispose de trois ans pour réduire ses émissions de CO2. En ce qui concerne le secteur des finances, il a également sa part de responsabilité, en choisissant d’investir dans des projets plus ou moins respectueux de l’environnement.

Les origines de la finance verte

Les origines de la finance verte remontent aux années 1970, période à laquelle le changement climatique commençait à être au cœur des préoccupations. À cette époque, William Nordhaus, un économiste américain, a développé les premiers modèles économiques prenant en compte le climat. Ses modèles ont permis de prévoir l’impact environnemental de divers scénarios économiques. Ceci a d’ailleurs valu à William Nordhaus de recevoir le prix Nobel d’économie en 2018.

William Nordhaus était donc un précurseur de la finance dite verte, qui a réellement vu le jour dans les années 2000. La finance verte est l’ensemble des actions et opérations financières qui favorisent la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique. Si la finance traditionnelle alloue ses ressources en fonction de la rentabilité des projets, la finance verte privilégie des projets neutres ou bénéfiques pour l’environnement.

Or, les banques et les investisseurs sont un des acteurs principaux dans la création et le développement de projets et d’entreprises. Sans un soutien financier de leur part, nombreux sont les porteurs qui ne verront pas leur projet aboutir. De ce fait, le secteur financier a un très grand pouvoir, et par conséquent, une grande responsabilité, dans la sélection de leurs bénéficiaires.

L’enjeu de la finance verte est de faire en sorte que les flux financiers soient compatibles avec les objectifs définis par l’Accord de Paris, un traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques.

Les instruments de la finance verte

Le terme de finance verte évoque le plus souvent les obligations vertes. Tout comme les obligations classiques, il s’agit d’emprunts réalisés auprès d’investisseurs, dont le remboursement s’accompagne d’intérêts. La différence réside dans le fait qu’une obligation verte sert à financer des projets à vocation écologique.

Toutefois, les obligations ne sont pas les seuls outils de la finance verte. Il y a également le marché au carbone. Concrètement, les entreprises disposent de droits à polluer. Si l’une d’entre elles souhaite polluer davantage, elle doit donc acheter des droits. Une mesure incitative pour encourager à réduire les émissions de carbone.

Il existe également des mesures destinées aux particuliers. C’est le cas du bonus-malus écologique, qui impacte le prix de vente des voitures en fonction de leur degré de pollution. Ou encore des avantages fiscaux, qui récompensent les particuliers améliorant l’efficacité énergétique de leur maison.

Enfin, la taxe carbone permet d’augmenter le prix de vente des biens dont la production émet trop de CO2. Une manière de réduire la consommation de ces produits polluants.

Où en est la finance verte en 2022 ?

Les obligations vertes se sont fortement développées ces dernières années. En 2021, les obligations vertes, sociales et durables, ont connu une croissance de 90%, permettant d’atteindre près de 800 milliards d’euros ! Les émissions d’obligations vertes représentant la moitié des émissions durables.

Les émissions obligataires durables devraient poursuivre sur leur lancée, et augmenter de 50% en 2022, selon les estimations du Crédit Agricole Corporate and investment Bank. Elles pourraient alors atteindre 1200 milliards d’euros.

Le marché de la finance verte est porté par l’Europe

L’Europe joue un rôle important dans le développement de la finance verte. Elle a notamment instauré en 2020 un classement des entreprises en fonction de leur impact sur l’environnement. Il s’agit de la taxonomie européenne.

Par ailleurs, le SFDR (Sustainable Finance Disclosure) est un règlement européen entré en vigueur en mars 2021. Il vise à harmoniser et renforcer les obligations de transparence sur les produits financiers. Une mesure qui devrait encourager encore la finance verte.

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