Jay-Z rejoint le business du cannabis

Le cannabis serait-il le nouvel or vert ? Surfant sur la vague de légalisation en cours aux Etats-Unis, le rappeur afro-américain Jay-Z a annoncé qu’il rejoignait le comité de direction de Caliva, une entreprise de cannabis florissante, installée en Californie.

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Le rappeur et businessman Jay-Z s'est lancé dans le business du cannabis

Le potentiel de l’industrie du cannabis

Si aux yeux du grand public, Jay-Z est d’abord un rappeur marié avec la chanteuse Beyoncé, pour les investisseurs il est surtout un homme d’affaires milliardaire reconnu pour “flairer” les nouvelles tendances immobilières et financières.

Rien d’étonnant à ce que la star de hip-hop s’intéresse de près au commerce du cannabis légal, qui a généré près de 52 milliards de dollars aux Etats-Unis, rien que pour le premier semestre 2019.

Légalisé dans trente Etats pour usage thérapeutique et dix pour une consommation dite “récréative”, le cannabis est même devenu un produit financier tradé au Nasdaq qui fait monter la fièvre chez les traders.

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Après des investissements réussis dans l’immobilier, dans plusieurs sociétés telles que Uber, le champagne Armand de Brignac ou encore le Cognac D’Ussé, Jay-Z a décidé de se lancer dans le business de l’or vert via un partenariat avec Caliva, une entreprise californienne, spécialisée dans la vente légalisée de marijuana.

Dans un communiqué de presse, celle-ci a indiqué que le rappeur avait été nommé responsable en charge de l’image de la marque. Par-delà l’aspect business de ce partenariat, Jay-Z a été missionné pour poursuivre l’action de la société en faveur de la justice sociale et du développement d’opportunités pour les communautés afro-américaines et hispaniques.

En effet, plus de 600 000 de ses membres sont incarcérés chaque année aux Etats-Unis pour des délits liés au trafic de cannabis dans les Etats où son commerce n’est pas encore légalisé.

La pop star encouragera notamment la réinsertion d’anciens détenus. Une mission engagée qui fait particulièrement sens pour l’ancien dealer repenti de Brooklyn.

Le Nasdaq s’est mis au vert

Outre-Atlantique, les « weed companies », comme on les appelle, connaissent le succès en bourse.

Trading du cannabis: le Nasdaq s'est mis au vert

Au Nasdaq, la start-up canadienne Tilray [NASDAQ : WEED] a été la première entreprise à réaliser une IPO.

Quelques mois plus tard, une autre entreprise canadienne lui a emboîté le pas: Canopy Growth s’est alors lancée avec un titre à 11,50 dollars canadiens. Neuf mois plus tard, le même titre s’envolait aux alentours de 76 dollars canadiens.

D’autres entreprises ont suivi, comme Aphraia, Aurora Cannabis, ou encore Cronos Group, dont les titres s’échangent tout aussi bien à New York qu’à Toronto.

Une opportunité encore limitée

Comme tout nouveau produit légalisé, le cannabis n’est pas encore un produit officiellement reconnu.

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Si vous choisissez de trader les titres de ces entreprises à la main verte, il faut veiller à ce que les transactions soient réalisées sur des territoires qui permettent l’achat et la vente de tels titres.

Pour le moment, le Nasdaq semble l’indice le plus sûr – il est d’ailleurs le seul actuellement, avec la Bourse de Toronto, qui a des titres régulés. Une industrie encore réservée aux traders expérimentés donc, mais qui pourrait bien changer rapidement. De nombreux pays en Europe sont en train de pencher en faveur de la légalisation du cannabis, ce qui permettrait des échanges de titres entre les Etats-Unis et le vieux continent d’ici à quelques mois.

En France, une note du Conseil d’analyse économique, présentée au gouvernement, a même mis en lumière très sérieusement les avantages économiques à légaliser le cannabis à usage récréatif dans l’Hexagone. Une première pour un organisme considéré comme proche du pouvoir.