iPhone 12 : entre promesses et déception

Apple a lancé son dernier iPhone mardi 13 octobre. Et on est loin de l’engouement suscité par certains de ses illustres prédécesseurs comme l’iPhone X. En Bourse, si l’annonce du lancement a provoqué une hausse soudaine des cours de l’action Apple, l’attente est également retombée comme un soufflet. La firme de Cupertino doit-elle s’inquiéter ?

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L'Iphone 12 capable de surfer sur la 5G

Un lancement à l’ombre de la pandémie

Le dernier bébé de la marque à la pomme, l’iPhone 12, quatorzième génération de smartphones, est arrivé sur le marché. Il devait s’agir du lancement de l’année pour Apple et probablement de l’un des plus importants. Or, le lancement de l’iPhone 12 n’a pas tenu toutes ses promesses. Il y a plusieurs raisons à cela, la première étant la pandémie en cours. En effet, la crise sanitaire mondiale a ralenti la production du dernier né de la marque l’obligeant à reporter le lancement d’un mois.

Entre temps, des informations ont largement eu le temps de fuiter amoindrissant la portée de l’événement, sans compter que lors de la précédente keynote en septembre, certaines annonces comme le lancement du bouquet de services Apple One ont fait de l’ombre à la sortie du smartphone.

L’iPhone 12 au cœur de la révolution 5G

Apple s’est empressée à vouloir se positionner sur la technologie 5G, prochaine révolution des réseaux mobiles. De fait, l’iPhone 12 est le premier smartphone Apple compatible avec cette nouvelle technologie qui permettra une vitesse de téléchargement incroyable. Problème : le déploiement du réseau 5G n’est pas terminé. Les spécialistes estiment que l’utilisateur en bénéficiera au mieux à l’horizon 2022/2023. Et d’ici là, de nouveaux iPhones seront probablement sortis.

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De plus, le choix d’Apple de s’orienter sur la 5G a eu une conséquence sur la qualité de l’écran de l’iPhone 12, qui ne sera pas de 120Hz comme c’est déjà le cas chez Samsung. En effet, l’utilisation conjointe de la 5G et d’un affichage 120Hz aurait été trop gourmand en énergie et aurait mis à mal l’autonomie du nouveau modèle. Une mauvaise publicité donc pour la marque à la pomme, d’autant que la 5G à elle seule semble déjà entamer fortement la batterie.

Les attentes des investisseurs déçues ?

En Bourse, l’attente était forte autour de la sortie du nouvel iPhone. La veille du lancement, l’action Apple gagnait environ 6% passant de 117 à 124 dollars. Mais Wall Street a fini par se montrer insensible aux nouveautés de l’entreprise californienne. Le titre Apple lâchait environ 3% une fois le lancement terminé, rognant sa capitalisation boursière de 77 milliards de dollars.

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Un coup dur pour la pomme dont l’action ne semble pas être très populaire parmi les gestionnaires de fonds. Un récent rapport de la banque d’investissement UBS Group AG, qui analyse régulièrement les positions de quelque 37 000 fonds pour trouver la valeur la moins “sous-pondérée” et la plus “surpondérée” en fonction des mouvements des gestionnaires et de leurs positions dans certains indices, le confirme.

Pour autant, la santé financière d’Apple, comme celle de l’ensemble du secteur des hautes technologies, est loin d’être entamée. D’ailleurs, c’est aussi la crainte de voir la bulle technologique exploser qui refroidit quelque peu les gérants de portefeuille. Le NASDAQ flirte plus que jamais avec les sommets. Et si la période est à l’incertitude sur les plans sanitaire et politique, la High Tech américaine a su en tirer les marrons du feu.

De plus, les investisseurs savent qu’avant ou après l’élection présidentielle du 3 novembre prochain, les institutions américaines mettront en place de nouvelles mesures de soutien budgétaire. C’est donc assez sereinement qu’Apple voit le lancement de son iPhone être perturbé par le contexte économique difficile et par la crise sanitaire, cette dernière empêchant les lancements en grande pompe dans les Apple Store.