Christine Lagarde, une femme d’influence

L’ex directrice du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, a été choisie par le Conseil européen le 2 juillet pour prendre la tête de la Banque centrale européenne (BCE), succédant à l’Italien Mario Draghi. Sera-t-elle à la hauteur de la délicate mission qui l’attend ? Alors que sa crédibilité est déjà mise en doute, l’ancienne ministre devra s’atteler à de nombreux dossiers épineux et imposer son style.

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Christine Lagarde, première femme présidente de la BCE, devient l'une des femmes les plus influentes au monde.

Une femme forte, mais pas spécialiste

Après avoir été la première femme à la tête du FMI, Christine Lagarde sera dès le 12 septembre la première femme à prendre les rênes de la prestigieuse BCE. Elle aura entre les mains le contrôle de de la troisième zone économique mondiale – la zone euro -.

Si la nomination de l’ancienne ministre des Finances et de l’Economie du gouvernement Sarkozy, 63 ans, semble réjouir les spécialistes satisfaits de son bilan au FMl, les experts de la zone euro sont aux aguets, déjà persuadés qu’elle échouera à tenir la barre de l’économie européenne et à lui redonner confiance.

Pour ces derniers, l’avocate ne dispose pas du bagage nécessaire, à la différence d’un Mario Draghi, économiste reconnu, parfaitement au fait du fonctionnement des marchés financiers et des rouages de la politique monétaire. « En cas de crise de la zone euro, je ne sais pas si elle aura l’autorité intellectuelle nécessaire », confiait un analyste au quotidien Le Monde.

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Choix controversé, Christine Lagarde dispose d’atouts majeurs

Si le choix de Christine Lagarde s’avère sans doute plus politique que technocratique, il n’en reste pas moins qu’elle dispose de qualités indéniables pour ce nouveau rôle, à commencer par une excellente connaissance des leaders européens. Les huit ans passés à la tête du FMI lui ont permis d’aguerrir son rôle de leader dans la Finance internationale et de redorer le blason de l’institution.

Femme de tête, humaine, pas langue de bois, appréciée pour son franc-parler et son calme, elle a su imposer son style féministe et engagée. En 2018, le magazine Forbes l’avait d’ailleurs consacrée « 3e femme la plus puissante au monde ».

Assurément, Christine Lagarde saura conférer une notoriété plus importante à la BCE. Elle se tient prête à relever les défis qui l’attendent grâce à son esprit décisionnaire, sa sensibilité plus politique que technique et sa créativité.

Deux dossiers attendus: la Fed et le Brexit

Christine Lagarde sait qu’elle devra convaincre. Selon le Financial Times, « elle a toutes les cartes en main pour inaugurer une nouvelle ère en matière de coordination budgétaire et monétaire ».

Elle est notamment attendue au tournant sur deux dossiers : la répercussion sur l’économie européenne de la hausse des taux d’intérêt de la Fed et la croissance post-Brexit.

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Alors que la Fed a annoncé vouloir couper les taux d’intérêts pour la première fois en dix ans, la conjoncture entre l’Europe et les Etats-Unis semble prendre un nouveau tournant.

Pour rappel, la décision de la Banque centrale américaine a un impact certain sur les marchés internationaux et sur les taux de crédits dans de nombreux pays.

Autre dossier où Christine Lagarde devra jouer un rôle actif : la direction à prendre post-Brexit, après le 31 octobre. Alors que le scénario d’un Brexit dur se profile à l’horizon, l’ancienne ministre devra montrer qu’elle est capable d’établir une stratégie durable avec le cabinet de Boris Johnson.